Le vieillissement de la population est souvent présenté comme une des causes essentielles de la hausse des dépenses de santé, et donc des tensions sur l’équilibre financier de l’assurance maladie. Le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) a donc souhaité aborder cette question, au cœur de plusieurs débats actuels relatifs à d’autres dimensions de la protection sociale telles que les retraites ou la perte d’autonomie.

Au terme de cette étude, il apparaît qu’il faut évacuer de nos représentations l’image d’une « déferlante du grand âge » qui serait sur le point de submerger, sans qu’on n’y puisse rien, le système de couverture solidaire.

En revanche, la longévité croissante des individus, et le vieillissement corrélatif de la population, adressent une question tout à fait cruciale au système de soins – et du même coup à l’évolution des dépenses d’assurance maladie. Celle du défi – qu’il ne tient qu’à nous de relever – d’organiser autrement la manière de prendre en charge et d’accompagner les malades particulièrement fragiles et présentant des situations cliniques complexes et poly-pathologiques.

Car le grand âge met en évidence, comme le ferait un instrument d’optique grossissant, un point de fragilité fondamental de l’organisation des soins : son insuffisante transversalité autour de chaque personne malade.